Se rassembler chez la famille du défunt ...

Publié le par Administrateur MUKHLISUN

Le lundi 15 rabīʾ al-awwal 1427 H..

 

Question :

Dans certains pays, lorsqu’une personne décède, les gens se rassemblent dans la maison du défunt trois jours [au cours desquels] ils prient et invoquent [Allāh pour le mort]. Quel est le statut [religieux] de cet [agissement] ?

 

Réponse du noble chaykh ʿAbd Al-Azīz bn ʿAbd Allāh bn Bāz – qu’Allāh lui fasse miséricorde – :

La réunion (idjtimāʾ) dans la demeure du défunt pour manger, boire et lire le Coran est une innovation [en matière de religion] (bidʿah) de même, qu’y accomplir les prières [prescrites] n’est pas autorisé. Plutôt, les hommes doivent les accomplir à la mosquée avec la communauté (djamāʿah).

Et contrairement [à ce qui est fait], on se rend auprès de la famille du défunt seulement pour les consolations (taʾziyah), pour leur invoquer Allāh et implorer [la] Miséricorde [divine] sur leur mort. Mais de là, à se réunir pour y célébrer des funérailles (ma’tam) [1] [innovées] par une lecture et des invocations spécifiques [2] et autres... Cela [constitue] une innovation et si en cette pratique se trouve un quelconque bien (khayr) alors nos pieux Prédécesseurs nous auraient anticipé [dans ces pratiques].

Le Messager d’Allāh – Prière et Salut d’Allāh sur lui – n’a pas agit [de la sorte] : Ont été assassiné Djaʾfar bn Abī Ṭālib, ʿAbd Allāh bn Rawāḥah et Zayd bn Ḥārithah – l’Agrément d’Allāh sur eux – dans la bataille de « Muatah » et vînt [au Prophète] – Prière et Salut d’Allāh sur lui – la nouvelle par Révélation (waḥī). Il annonça et informa les Compagnons de leur mort. Il fut satisfait d’eux et invoqua [Allāh] en leur faveur et ne pris [aucune initiative pour réaliser] des funérailles. De même, les Compagnons après lui, n’ont rien fait de cela... [Abū Bakr] le véridique – l’Agrément d’Allāh sur lui – mourut, ʿUmar – l’Agrément d’Allāh sur lui – fut assassiné [puis enterrés] sans funérailles [3] : Les gens ne se sont pas rassemblés pour lire le Coran. Plus tard, ʿUthmān et ʿAlī – l’Agrément d’Allāh sur eux – furent [à leur tour] assassinés sans que les Compagnons leur fasse quelque chose de cela.

Mais la Tradition prophétique (sunnah) c’est [que les gens] préparent à manger à la famille du défunt parmi ses proches et ses voisins et qui le leur envoie comme la fait le Prophète – Prière et Salut d’Allāh sur lui – lorsque l’annonce [de la mort] (naʾy) de Djaʾfar lui vînt. Il dit à sa [propre] Famille :

 

« Préparez à la famille de Djaʾfar de la nourriture [car] ils sont préoccupés par ce qu’il leur arrive »

(Rapporté par les cinq [Aḥmad 1754, At-Tirmidhī 998, Abū Dāwūd 3132, Ibn Mādjah 1610] hormis An-Nasā ī).

 

C’est ce qui est légiféré (machrūʾ) [dans la religion] et de là, se mettre à supporter [avec eux] leur affliction (balā’) et être chargé de poser la nourriture aux gens, [alors,] c’est [un acte] contraire à la Tradition prophétique (sunnah) et une innovation d’après ce que nous avons cité précédemment et la parole de Djarīr Ibn ʿAbd Allāh Al-Badjalī – l’Agrément d’Allāh sur lui – [qui a dit] :

 

« Nous considérions la réunion chez la famille du défunt et la préparation de la nourriture après sa mort comme étant des lamentations (niyāḥah). »

(Rapporté par l’Imām Aḥmad 6866, Ibn Mādjah 1612 avec une chaîne de transmission authentique).

 

Et « an-niyāḥah » (lamentations), c’est l’élévation (rafʾ) de la voix accompagnée de pleurs et elle est interdite (muḥarramah) et le mort est châtié dans sa tombe à cause des lamentations [des gens] sur son compte [4] comme l’a affirmé la Tradition prophétique (sunnah) du Prophète – Prière et Salut d’Allāh sur lui –. Il faut donc faire attention à cela quant aux pleurs (bukā’) [seulement], il n’y a pas de mal [tant qu’il s’agit] de larmes (damʾ) uniquement sans gémissements d’après la parole du Prophète – Prière et Salut d’Allāh sur lui – [qui a dit] au moment de la mort de son fils Ibrāhīm :

 

« L’œil pleur, le cœur s’attriste mais nous disons que ce que notre Seigneur agrée et par ton départ, ô Ibrāhīm nous sommes affligés. »

(Al-Bukhārī 1303 et Muslim 2315).

 

___________________

[1] : Les funérailles permises sont celles décrites dans les aḥādīth authentiques comme le lavage rituel, l’embaumement, le drapage, le transport à la mosquée, la prière funéraire, les invocations et l’enterrement suivant la Tradition prophétique (sunnah). C’est cela les véritables funérailles (pour plus de détails retourner au livre intitulé : « aḥkām al-djanā iz/Les Règles funéraires » du chaykh Al-Albānī – qu’Allāh lui fasse miséricorde –).

[2] : C’est le cas par exemple chez beaucoup de familles d’Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Tunisie...) : Lorsqu’un proche décède, la famille amène ce qu’ils appellent « aṭ-ṭulbah » (c’est un groupe de « lecteur ») pour lire le Coran avec des sourates précises (comme : « al-mulk/la Royauté », « yāsīn »...). En général, certains, viennent, se remplissent le ventre, lisent du Coran et prennent de l’argent à la fin. C’est vraiment honteux !

[3] : A part ce qui est permis en Islām.

[4] : Ceci concerne la personne qui laissait apparaitre de son vivant ce qui est faux et non pas le croyant sincère.

 

Traduction : L’équipe MUKHLIṢŪN

Référence : http://www.alifta.net/Fatawa/OccasionalFatawa.aspx?View=Page&NodeID=897&PageID=11264&SectionID=2&MarkIndex=3&0#%D9%88%D8%A7%D9%84%D9%86%D9%8A%D8%A7%D8%AD%D8%A9%D9%87%D9%8A%3a%D8%B1%D9%81%D8%B9%D8%A7%D9%84%D8%B5%D9%88%D8%AA%D8%A8%D8%A7%D9%84%D8%A8%D9%83%D8%A7%D8%A1%D9%88%D9%87%D9%8A%D9%85%D8%AD%D8%B1%D9%85%D8%A9

 

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