Les nouveaux passeports et carte d’identité biométriques algériens ...

Publié le par L’équipe MUKHLIṢŪN

Mardi 28 rabīʾ ath-thānī 1431 H. (13.04.2010).

 

Bien que le projet a déjà commencé dans certains endroits de l’Algérie, il faut savoir qu’à compter de novembre 2010 [1] l’Algérie comme d’autres pays avant elle, passe à la biométrie.

On annonce que ce projet a trois objectifs :

1) Il s’agit de lutter contre le terrorisme avec plus d’efficacité, la criminalité et la délinquance (identification automatique d’empreintes digitales),

2) La réduction de la falsification des documents identitaires, empêchant ainsi, les identités multiples (sécurisation matérielle des supports, délivrance plus sûres et authentification des demandeurs de titres) et enfin,

3) Cela permettra aux Algériens d’avoir en leur possession des titres fiables pour les protéger contre les tentatives d’usurpation de leur identité.

Les données seront très sécurisées tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. De la sorte, l’Algérie, sera au même niveau que les « grandes » puissances. Les autorités algériennes au pays et les consulats à l’étranger vont donc commencer à délivrer des passeports et des cartes nationale d’identité biométriques et électroniques (P.E.B. et C.N.I.B.E.). Ces deux documents diffèrent fondamentalement de ceux qui existent actuellement facilement falsifiables. Cependant, les passeports et cartes d’identité actuels sont toujours en cours de validité jusqu’à leur date d’expiration.

Mais tout cela, n’est pas sans conséquence. Avec les difficultés liées à la constitution des pièces pour les Algériens résidants au pays afin de compléter leur dossier [2], l’incompréhension qui règne au sujet de certaines demandes dans le dossier s’ajoute quelque chose de dangereux ! C’est un point dérangeant et faisant débat en Algérie voilà maintenant plusieurs jours. Il s’agit de la photo d’identité prise sur place lors du dépôt du dossier ! Cette même photo qui apparaîtra sur les pièces d’identité. Pour l’homme, il a été demandé à ce qu’il se rase la barbe et à la femme d’ôter son ḥidjāb en présence d’une femme pour toute algérienne qui ne souhaite. Depuis ces exécrables exigences, il y a eu un « assouplissement » car le Ministre algérien de l’Intérieur et des Collectivités locales, depuis, a fait marche arrière sur cette contradiction flagrante avec la religion d’autant plus que l’article n°2 de la Constitution algérienne affirme que l’islām est la religion de l’Etat algérien. Désormais, on demande pour l’homme, une barbe « légère » et pour la femme, un dévoilage « léger » (oreilles, menton, haut du crâne). Le Ministre a bien insisté lors de divers passages à la télévision que l’Algérie n’interdira jamais la barbe et le voile et que ce qui est demandé à l’homme comme à la femme c’est, en fait, l’organisation de l’aviation civile international qui exige cela et que si l’Algérien ne se soumet pas à ces exigences, il risque de se heurter à des problèmes aux douanes. Quoi qu’il en soit, le débat continue en Algérie et des organisations politiques et religieuses ainsi que des imāms continuent à condamner ces exigences... Qu’Allāh – le Très-haut – affermisse nos gouverneurs et les éclairs par la lumière du Coran et de la Tradition prophétique. Qu’il fasse qu’un retournement de situation se produise et qu’il exauce les invocations de Ses adorateurs jaloux pour la religion.

 

Entre temps, un frère algérien, a, lui, décidé d’appeler le mufti, chaykh ʿAbd Al-ʿAzīz Āl Ach-Chaykh – qu’Allāh le préserve – pour lui exposer le problème qui concerne des millions d’Algériens...

 

Le présentateur de l’émission : Qu’Allāh vous récompense en bien honorable chaykh. Nous avons avec nous un appel du frère Aḥmad d’Algérie. (Au frère :) Si tu veux bien te donner la peine...

 

Le frère : As-salām ʿalaykum.

 

Le présentateur et le chaykh : Wa ʿalaykum as-salām wa raḥmatu-llāhi wa barakātuh.

 

Le frère : Qu’Allāh vous vivifie [3] chaykh.

 

Le chaykh : Et qu’Allāh te vivifie aussi.

 

Le frère : Chaykh, ici, en Algérie, nous avons reçu, de la part de nos dirigeants, l’ordre de se raser (ḥalq) [4] la barbe afin de concevoir des pièces d’identité et des passeports. Que dites-vous de cela, ô chaykh ?

 

Le chaykh : Laissez la barbe dans son état actuelle, préservez-là et placez votre confiance en Allāh [qui dit] :

 

([...] Quiconque craint Allāh cependant, [interruption du son] [5].)

 

Le frère : Ô chaykh avez-vous un conseil [à nous donner] ?

 

Le présentateur : (Au chaykh :) Il souhaite un conseil ô honorable chaykh. Surtout, que cet ordre qu’ils ont reçus risque d’engendrer la non-délivrance de pièces particulières comme les passeports [pour celui qui ne s’y soumet pas].

 

Le chaykh : Par Allāh, je dis qu’il n’est pas permis aux musulmans... Il n’est pas permis à n’importe quel musulman de charger d’autres musulmans à contredire (khilāf) la Législation divine (charʾ). Il ne lui est pas autorisé de charger des musulmans à cela. Celui qui le fait et qu’il les astreints à la contredire alors il y a la crainte que [l’intégrité] de sa religion soit touchée car celui qui intime l’ordre de contredire la Tradition prophétique (sunnah) et qu’il astreint et oblige les gens à la contredire alors il y a la crainte qu’il perde la foi (īmān) tel celui qui rencontre Allāh étant sur une autre voie (hudā) [que la bonne] car l’individu, soit il pratique une chose soit il astreint d’autres gens. Nous disons donc, pourquoi Allāh dit :

 

(Et quand on leur récite Nos Versets bien clairs, tu discerneras la réprobation sur les visages de ceux qui ont mécru. Peu s’en faut qu’ils ne se jettent sur ceux qui leur récitent Nos Versets. [...])

(al-ḥadjdj, v. 72)

 

Il est interdit à tout musulman s’apparentant à l’islām d’obliger un croyant à se raser (ḥalq) la barbe, de contraindre une musulmane à laisser paraître ses atours (tabarrudj), d’imposer la mixité (ikhtilāṭ) ou pousser le musulman à l’utilisation de l’usure (ribā).

Il est interdit à tout musulman d’obliger d’autres musulmans à contredire la Législation d’Allāh. Tout ceci est considéré comme une grande désobéissance (maʾṣīyyah ʿaẓīmah) auprès d’Allāh [qui dit] :

 

(Qu’ils portent donc, au Jour de la Résurrection, tous les fardeaux de leurs propres œuvres ainsi qu’une partie des fardeaux de ceux qu’ils égarent, sans le savoir ; Combien est mauvais [le fardeau] qu’ils portent !)

(an-naḥl, v. 65)

 

Le présentateur : Qu’Allāh vous récompense en bien.

 

___________________

[1] : Le projet devait commencer à partir du 31 mars 2010 mais il a été repoussé à la fin de l’année 2010.

[2] : Le lien avec les formulaires : http://www.interieur.gov.dz/Downloads/frmCategory.aspx?html=6

[3] : C’est comme cela que nous traduisons cette expression courante utilisée en Arabie. En arabe : « ḥayyāk allāh ».

[4] : Voir ce qui a été écrit précédemment en introduction car le rasage de la barbe pour ces pièces d’identité n’est pas obligatoire.

[5] : C’est peut être la suite du verset n°2 de la sourate « aṭ-ṭalāq » : ([...] Il Lui donnera une issue favorable,), ou celle du verset n°4 de la même sourate : ([...] cependant, Il lui facilite les choses.) ou celle du verset n°5 de la même sourate également : ([...] cependant, Il lui efface ses fautes et lui accorde une grosse récompense.).

 

Traduction : L’équipe MUKHLIṢŪN

Référence :

Le lien en arabe : http://www.sahab.net/forums/showthread.php?p=767898

L’audio en arabe : http://www.box.net/shared/mpe5kffkff

 

Des remarques ? Contactez-nous !

Publié dans Avis religieux divers

Commenter cet article